Comment intégrer la durabilité dans un programme lorsque vos enseignants dispensent des cours allant des sciences du sport à la poésie classique ?

Tel était le défi central et concret auquel nous avons été confrontés lors de notre événement de formation de trois jours Des cadres aux pratiques à l’Université Bourgogne Europe (UBE) à Dijon. Du 26 au 28 mai, 30 participants représentant cinq pays européens se sont réunis pour faire avancer le projet GREENVERSITY.

Portés par 30 heures de collaboration intense, une température moyenne de 30 degrés (due à une vague de chaleur que nous n’avions pas prévue !) et une bonne quantité de café et de vin locaux, notre objectif n’était pas seulement d’examiner nos progrès, mais de tester activement la manière dont nous dotons les apprenants de l’enseignement supérieur des compétences nécessaires pour faire face aux défis planétaires.

Voici un aperçu des obstacles que nous avons surmontés, des données que nous avons partagées et de la communauté que nous construisons.

Le défi : combler le fossé disciplinaire

Le cadre GREENVERSITY CORE adapte le GreenComp de la Commission européenne en résultats d’apprentissage mesurables pour les universités. Il se concentre sur quatre domaines clés :

Cependant, les cadres ne sont efficaces que dans la mesure de leur application pratique. Un enseignement majeur de nos sessions de travail a été de réaliser que le cours en ligne pour les enseignants nécessite des exemples beaucoup plus concrets et spécifiques à chaque discipline sur la manière d’appliquer le cadre GREENVERSITY. Nous apprenons que faire passer les enseignants de la théorie à une véritable compétence nécessite de leur fournir les outils précis pour traduire un concept comme la « pensée systémique » en une leçon concrète, qu’ils se trouvent dans un laboratoire d’ingénierie ou dans un séminaire de littérature.

Tester les pédagogies en temps réel

Plutôt que de simplement parler d’enseignement, nous avons consacré un temps considérable à le pratiquer. Nous avons exploré des approches pédagogiques innovantes pour ancrer ces compétences dans la salle de classe. Par exemple, les méthodologies pour « Agir pour la durabilité » ont démontré comment les approches basées sur les arts et les scénarios interactifs peuvent faire passer les étudiants du statut d’apprenants passifs à celui de participants actifs.

L’une des activités s’est concentrée sur la littératie des futurs, une compétence que nous avons travaillée en petits groupes en imaginant les meilleurs et les pires scénarios sur les campus universitaires dans cinq ans avec les avancées de l’IA en utilisant des cartes dixit. Il était intéressant de voir non seulement les différents scénarios que les groupes ont élaborés, mais aussi comment les belles illustrations ont encouragé un processus de réflexion créative, nous permettant de concevoir des avenirs que nous n’aurions peut-être pas imaginés autrement. Meilleur scénario ? Que diriez-vous de zones sans internet où les étudiants peuvent se détendre, danser, étudier et faire à peu près tout pour une pause écran bien nécessaire !

La valeur de cette approche pratique était évidente. Comme l’a noté un participant à propos de ce qu’il a le plus apprécié lors de l’événement :

« Les méthodologies pédagogiques spécifiques… se sentir encouragé et habilité à travailler, les méthodes d’atelier inspirantes et les exercices pratiques. »

Qu’est-ce qui motive réellement l’action des étudiants ?

Un programme magnifiquement conçu a peu de valeur si les étudiants ne sont pas motivés pour s’engager. Le dernier jour, nous avons discuté de ce qui motive véritablement les étudiants à adopter des initiatives de durabilité.

La recherche (consultez ici, ici et ici), y compris une petite enquête que nous avons menée, montre que la motivation des étudiants est très variée et conditionnelle. Bien que le désir de participer à des initiatives vertes soit présent — 70,4 % des étudiants interrogés déclarant que les compétences vertes sont importantes pour leurs futurs emplois, et 74,1 % ressentant un fort sentiment de responsabilité intergénérationnelle — nous ne pouvons pas nous fier uniquement à la sensibilisation.

Pour transformer l’intention en action, nous avons discuté de plusieurs étapes nécessaires :

Construire un réseau, pas seulement un cadre

La durabilité est un effort collectif. Passer de « salles de classe vertes » isolées à un écosystème actif nécessite des réseaux internationaux solides et des ressources partagées. Nous avons discuté d’aller au-delà d’un simple groupe LinkedIn standard — qui sera lancé plus tard cette année — en mettant en œuvre des stratégies hybrides telles que des séminaires régionaux, des webinaires internationaux et de courts programmes d’« observation » entre universités partenaires.

Nous avons favorisé ces connexions non seulement dans les salles d’atelier, mais aussi à travers des expériences partagées. Gravir les 366 marches de la tour Philippe Le Bon a offert une vue imprenable sur Dijon et un moment pour créer des liens. En réfléchissant aux activités sociales lors de l’événement, les participants ont souligné la valeur de ces moments :

« Vraiment agréable de voir toute la ligne d’horizon et l’explication sur les capteurs météorologiques… une très belle façon de faire connaissance. »

Alors que nous concluions l’événement par une célébration de l’apprentissage collectif, il était évident que la véritable force de ce projet réside dans l’ambition partagée du consortium. Nous quittons Dijon avec un mandat clair : affiner nos outils, ancrer nos cadres dans les réalités pratiques et continuer à construire ensemble l’avenir de l’éducation pour la durabilité.